Notre lutte contre la précarité énergétique

Echanges avec Farid, ancien médiateur en économie d'énergie, aujourd'hui moniteur en ESAT

Farid a pris son poste en janvier 2022 à LogisCité. Lancé dans la dynamique recherche d'emploi il ne s'est pas arrêté là et a trouvé très rapidement un CDI fait pour lui. Retour sur son parcours.

​​Quel est ton parcours et comment es-tu arrivé chez nous ?

J’ai un parcours de conducteurs sur les machines de routage, j’ai travaillé pendant des années dans le routage et mon dernier travail dans ce secteur était auprès du leader français d’impression des magazines.

Suite à un accident de la vie, je me suis arrêté pendant 3 ans et j’ai dû faire 4 opérations de l’œil. Le médecin du travail m’a mis inapte et j’ai ensuite été licencié pour inaptitude.

De là j’ai eu une remise en question sur moi-même et ce que je voulais faire. J’avais envie d’aller dans le social, car j’ai toujours été quelqu’un de très sociable : dans mon ancien travail j’étais délégué syndical, même tout petit j’allais voir les voisins pour proposer de faire leurs courses pour eux.

Donc j’ai fait un bilan de compétence pour faire une reconversion professionnelle. J’ai voulu faire le bilan de compétence car je savais que le social m’intéressait mais je n’étais pas certain de savoir dans quelle branche, comment faire, si j’avais les compétences pour.

Le bilan de compétences a révélé que le social me correspondait bien et que je pouvais faire ça à plein temps.

Après ce bilan, j’ai postulé pour un poste de médiateur énergie dans une association. Ça s’est très bien passé, j’ai eu un très bon contact avec les usagers et les clients. J’ai aussi fait une PMSMP dans une autre association qui travaille auprès des jeunes. Puis il y a eu le COVID et tout s’est arrêté.

Le Pôle Emploi m’a alors contacté au sujet d’une formation qualifiante d’un an pour être médiateur social à l’accès aux droits et aux services. Il y avait de la formation et une mission en entreprise. J’ai alors travaillé pour Promévil, qui fait de la médiation dans les transports en commun. Je me suis bien éclaté, j’ai bien bossé et j’ai aimé l’expérience. Et en parallèle j’ai eu mon diplôme de médiateur.

Puis après c'est le destin : alors que j’ai eu mon diplôme, je devais appeler une personne de mon immeuble pour une histoire de fuites et je me suis trompé et ai appelé mon ancienne responsable à la place. Je n’ai pas voulu lui dire que je me suis trompé donc je lui ai dis où j’en suis et que j’ai eu mon diplôme, là elle me donne une annonce de la Croix-Rouge LogisCité et j’ai postulé.

 

Donc j’ai postulé, j’ai eu l’entretien et j’ai été pris. Et de là ça s’est très bien passé : une formation à la prise de poste avec l’encadrante où j’ai appris plein de choses sur l’énergie.

Ici, j’ai pu rencontrer une équipe qui est vraiment à l’écoute, qui nous accompagne et nous conseille. Et le lundi nous avons un accompagnement pour tout ce qui est professionnel : faire ses CV, postuler, s’entrainer aux entretiens avec l’Acompagnant [Socioprofessionnel], grâce à ça j’ai postulé et j’ai eu des entretiens.

 

J’ai d’abord eu un entretien pour un poste de médiateur social dans le Val d'Oise, j’ai passé le test et ils m’ont pris mais en parallèle j’ai candidaté dans une autre association toujours en tant que médiateur pour un CDI. Donc j’ai préféré le CDI.

Je suis parti chez eux, ça s’est super bien passé : je m’occupais des personnes qui sont sans hébergement pour les aider dans leurs démarches, les accompagner, leur remonter le moral.

Pendant ma période d’essai j’ai été contacté pour un autre poste dans un ESAT dans une imprimerie pour travailler dans un de leurs ateliers. C’est un CDI aussi.

Ça m'intéressait, j'ai pris le poste. J’accompagne des travailleurs en situation de handicap dans leur travail manuel, on fait des projets avec eux, des sorties culturelles, sportives, …

Ici je retrouve des éléments que j’avais laissé depuis des années derrières moi et je ne pensais jamais retrouver : les massicots et le monde de l’imprimerie. C’est des connaissances que j’ai d’avant ; et je le fais en plus avec des personnes que je peux aider, accompagner, conseiller. Je vais leur apprendre comment faire le travail, et j’aime beaucoup ça ; en plus l’ambiance est très bonne et je suis à 10 minutes de chez moi, donc je suis comblé.

On peut dire que tu oses sortir de ta zone de confort, aller vers de nouveaux métiers, ce qui t’as permis d’allier ton ancien métier & ton intérêt pour le social

J’ose mais par rapport à mon niveau et mes compétences. Je ne vais pas oser aller vers quelque chose de beaucoup trop compliqué pour moi. Mais en général oui : j’ose, j’y vais, je me dis « si ça ne marche pas, bah au moins c’est une expérience ».

De toute façon, celui qui n’ose pas il n’avance pas.

 

Pour la suite, on te souhaite quoi ?

Là je suis à 10 minutes de la maison, en CDI, dans un boulot qui me plait : je ne bouge plus !

Je voudrais rester 3 ans pour pouvoir après faire une VAE sur ce métier. Et je veux rester avec ces travailleurs, moi je les adore, je rigole bien avec eux, je me sens bien avec eux. Et ils me le renvoient, ils disent qu’ils aiment bien travailler avec moi et que je les aide. Je suis heureux, ça me suffit.

Interview réalisée le 11/06/2022

Extraits du portrait de Farid

"Le lundi nous avons un accompagnement pour tout ce qui est professionnel : faire ses CV, postuler, s’entrainer aux entretiens avec l’Acompagnant, grâce à ça j’ai postulé et j’ai eu des entretiens. "

"Celui qui n’ose pas il n’avance pas."

"Là je suis à 10 minutes de la maison, en CDI, dans un boulot qui me plait : je ne bouge plus !"

Photo Farid Ben Salah_edited.jpg