Notre lutte contre la précarité énergétique

Portrait de KAMELIA, Médiatrice en économies d'énergie et d'eau

Découvrez l'histoire de Kamélia, Médiatrice en économie d'énergie et d'eau depuis 2019 chez Croix-Rouge insertion - LogisCité.

​Moi c’est Kamélia, je suis entrée chez LogisCité le 1er octobre 2019, en tant que médiatrice en économie d’énergie.

Peux-tu raconter ton parcours vers LogisCité ? 

L’été dernier j’ai participé à un grand nombre d’ateliers de recherche d’emploi proposés par le PLIE d’Est-Ensemble (Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi) pour retrouver rapidement un emploi. A un moment donné, on m’a envoyé par mail, en plein été, l’offre d’emploi de médiateur en économie d’énergie de LogisCité. J’ai envoyé ma candidature et très peu de temps après j’ai eu l’entretien avec Edouard (CIP), puis Edouard et Charles (Directeur).

 

Après une vingtaine d’années à l’Education Nationale dans différents postes (surveillante, CPE, documentaliste) pendant mes études et même à la fin de mes études ; J’ai repris une formation dans les métiers du livre. C’était dans la continuité de mes études (DEUG communication et sciences du langage-option : presse écrite). Puis je me suis inscrite à Médiadix (I.U.T. Métiers du livre, Paris X) pour un D.U. « Techniques documentaires et médiation culturelle avec spécialisation littérature jeunesse ». Ensuite, j’ai travaillé pour les collectivités territoriales (ville de Bobigny et ville de Sevran), notamment dans le cadre du projet « Livres au Trésor », qui était un centre ressources de littérature jeunesse. De plus, il y avait de nombreux problèmes de harcèlements moral dans ce secteur culturel.

J’ai donc réalisé un bilan de compétences et de ressources pendant un an, qui m’a menée à me reconvertir et à me projeter dans le domaine du social.

Je me suis reconvertie vers les métiers du social en suivant une formation d’un an au CNAM de Paris comme chargée d’accompagnement social et professionnel (avec une expérience d’orientation à la Cité des métiers de Paris – La Villette, dans le cadre d’un stage de 5 mois).

Puis des catastrophes personnelles sont arrivées les unes après les autres en 2015 et je n’ai pas pu poser de candidatures, car j’avais trop de préoccupations d’ordre existentiel. Ma situation financière s’est également dégradée et l’offre d’emploi de médiatrice en économie d’énergie pour Croix-rouge, relayée par le PLIE, ne pouvait mieux tombée, rapide et facile à intégrer.

 

Qu’est-ce qui est important pour toi dans le projet de LogisCité ?

D’abord pour moi c’était un emploi immédiatement accessible.

Il y a le côté plus ou moins social dans le profil de poste, où on est amené à donner des conseils et à orienter les bénéficiaires des visites, vers des dispositifs que je connais déjà pas mal du fait de ma dernière formation au CNAM.

Le côté technique aussi m’intéressait, du fait que déjà dans mon engagement personnel et bénévole de responsable d’une amicale de locataires du parc social, je m’emploie à défendre les droits des locataires et à donner des conseils pratiques (jusqu’à faire des réglages de chaudières chez mes voisins, par exemple). Ça ne m’était pas totalement inconnu, mises à part les connaissances très techniques apprises à LogisCité sur les équipements de production d’eau chaude, chauffage, etc. que je ne connaissais pas vraiment.

 

 Peux-tu raconter ton expérience chez LogisCité  depuis 6 mois ?

Au départ, j’étais un peu perdue ici, car nous n’avons pas eu la formation tout de suite. On est parti avec des collègues plus anciens en binômes pour des visites, sans avoir vraiment eu de cadre, ni d’explications sur le déroulement. J’ai trouvé cela brouillon au départ, car on ne s’y retrouvait pas dans les outils, ni dans la façon dont sont menées les visites.

1 mois et demi après notre arrivée, on a commencé la formation, ce qui nous a aidé à nous situer par rapport aux objectifs de ce qu’est une visite, ce que l’on doit en tirer, ce que l’on doit apporter aux bénéficiaires.

Je l’avais fait remonter aux supérieurs et je constate que la nouvelle équipe a eu tout de suite la formation, ce qui leur permet de mieux comprendre le déroulement des projets.

 

Grâce à la patience et la gentillesse des collègues les plus anciens, on pouvait souvent leur demander de l’aide dans la compréhension des protocoles.

Je suis beaucoup plus à l’aise maintenant, je sais exactement ce qu’il faut faire et comment le faire.

 

On est assez captivé par ces visites car en 1h30 on a quand même le temps de discuter, de développer, au-delà des outils de travail comme le questionnaire. On est à l’écoute de gens qui ont besoin de dire pas mal de choses, qui ne sont pas toujours en lien direct avec les objectifs de la visite.

Ça permet de créer du lien social, les gens chez qui l’on va sont parfois isolés, handicapés, en situation de grande précarité.

Parfois cela peut être un peu violent quand on arrive dans des taudis ou des logements quasi insalubres. On perçoit l’exploitation des gens en précarité qui subissent comme une double peine : puisqu’ils habitent un « logement » au loyer très cher, que l’on peut classer comme indécent voire à la limite de l’insalubrité, en plus ces locataires ne peuvent pas bénéficier de certaines aides (ex : la CAF ne verse pas d’aide au logement si la surface habitable ne correspond pas aux normes minimales).

 

Une autre partie du travail, beaucoup plus technique, consiste à saisir toutes les données collectées, à l’aide des questionnaires et des photos prises lors des visites. On peut déployer, au-delà des conseils donnés de vive voix, des orientations sociales et techniques, avec l’appui de Caroline l’ETI qui fait office de personne ressource quand on a un souci pour régler les problèmes de quelqu’un avec un bailleur ou un manque d’isolation par exemple.

Caroline s’occupe de la collecte de documents de travail, qu’elle répertorie pour nous faciliter les préconisations et les orientations à inscrire dans le bilan des bénéficiaires. Outils de travail qui sont intéressants à exploiter et facilitent la connaissance de tout ce tissu d’acteurs (bâti, isolation, énergie, social… comme l’ALEC, ANAH etc.).

 

Après les visites chez des propriétaires occupants ou locataires du parc privé, on est très souvent confrontés à des gens qui sont obligés de se restreindre par rapport au confort parce qu’ils n’ont pas trop de leviers pour agir sur le bâtiment. Ce sont des bâtiments passoires, quand on arrive avec les petits équipements, on contribue à réduire à petite échelle la déperdition de chaleur et à faire faire quelques petites économies d’énergie, mais on ne fait pas de miracles.

Surtout dans le parc privé. Chez les bailleurs sociaux c’est rarement insalubre, il peut y avoir des problèmes d’aération dans les anciens logements, mais ils sont en général plus corrects que dans le parc privé. En tous cas les marchands de sommeil n’existent pas chez les bailleurs sociaux, c’est déjà ça.

En quelques mois, on a conscience des limites de ce que l’on peut faire. Dans l’équipe, on a tous beaucoup d’empathie avec les gens qui sont dans des situations de précarité assez graves, mais on finit par repérer nettement nos limites. On sait qu’on ne doit pas faire miroiter des choses qu’on ne pourra pas tenir. On précise auprès des ménages ce que l’on peut faire pour eux (conseils sur les comportements, quelques équipements pour colmater les problèmes d’infiltration, …).

 

Que préfères-tu dans ton travail chez LogisCité ?

Les visites. Parce que déjà on change de décor, on n’est pas au bureau, et surtout il y a de l’action, on rencontre des personnes différentes à chaque fois.

La rencontre avec ces personnes, les plus vulnérables, celles qui ont le plus de besoins on va dire.

 

La rencontre avec les gens, la découverte de leur cadre de vie, et l’aide que l’on peut apporter par les conseils pour, non pas apporter une solution à leurs problèmes, mais les alléger peut-être un peu.

Ça apporte une aide, même si elle est limitée, on ne se fait pas d’illusion là-dessus non plus, mais je crois que c’est très apprécié des bénéficiaires, en général on est vraiment très bien accueillis.

Il y a un lien chaleureux qui se créé lors de la visite entre eux et nous. Parfois, on est chez les bénéficiaires et on retrouve d’anciens bénéficiaires qui viennent pour aider à la traduction par exemple. Après il y a presque un réseau qui se créé sur certains quartiers des villes où nous intervenons, c’est assez marrant.

Ce qui peut ouvrir des portes car ça lève les réticences de certains, qui se demandent quel est l’objectif réel de la visite… Quand ils ont un bon retour sur ce qu’on a fait chez d’autres, en général ils s’engagent.

 

Qu’aimerais-tu améliorer dans ton travail chez LogisCité ?

Alors, chaque fois que j’ai une proposition à faire je passe par Caroline, à l’occasion des réunions d’équipe, par exemple sur la mise à jour des questionnaires papier, sur la pertinence de certaines parties des tableurs, …

Donc les retours se font petit à petit, elle nous a fait beaucoup d’arrangements techniques et des modifications pratiques sur les tableurs par exemple. Nous sommes bien écoutés et nous obtenons souvent satisfaction par rapport à nos demandes et à nos remarques pour améliorer nos conditions de travail et les outils sur lesquels nous nous appuyons.

 

Et après ? (as-tu une idée de projet professionnel et/ou y as-tu travaillé avec le CIP ? As-tu identifié des éléments chez LogisCité que tu aimerais retrouver dans ton prochain emploi ? …)

Bien sûr que moi, depuis le début d’ailleurs, je me suis assurée que le Lundi était bien une journée consacrée au parcours professionnel de chacun. On a insisté pour avoir cette journée dédiée, pour faire nos candidatures, refaire nos CV, explorer le marché du travail selon nos projets professionnels … il y a plein de choses à faire.

De temps en temps j’ai l’aide d’Edouard (le CIP) qui est très pris car il s’occupe d’un grand nombre de salariés.

Bien entendu j’ai, présent à l’esprit, que je ne suis pas à LogisCité pour un contrat pérenne. Je connais très bien les conditions, ça doit me servir de tremplin pour retourner sur mes projets interrompus.

Je n’exclue pas de retourner soit dans le domaine culturel (monde du livre), soit dans le social. Par exemple j’ai vu un poste de bibliothécaire en milieu carcéral, avec un côté social important.

 

Je peux retourner sur les 3 pôles que je connais le mieux : Education nationale, mais il faudrait que je trouve un moyen de préparer les concours de CPE, ou prof. documentaliste (des concours qui n’existaient pas à l’époque), CAPES de français.

Sinon ce que je cherche principalement c’est CIP en Mission locale ou au sein d’une association.

"Des catastrophes personnelles sont arrivées les unes après les autres en 2015 et je n’ai pas pu poser de candidatures"

Ma situation financière s’est également dégradée et l’offre d’emploi de médiatrice en économie d’énergie pour Croix-rouge, ne pouvait mieux tombée, rapide et facile à intégrer.

D’abord pour moi c’était un emploi immédiatement accessible."

 Notre mission chez LogisCité "permet de créer du lien social, les gens chez qui l’on va sont parfois isolés, handicapés, en situation de grande précarité."

" On est à l’écoute de gens qui ont besoin de dire pas mal de choses, qui ne sont pas toujours en lien direct avec les objectifs de la visite."

" Parfois cela peut être un peu violent quand on arrive dans des taudis ou des logements quasi insalubres."

"Dans l’équipe, on a tous beaucoup d’empathie avec les gens qui sont dans des situations de précarité assez graves"

"On apporte une aide, même si elle est limitée, on ne se fait pas d’illusion là-dessus non plus, mais je crois que c’est très apprécié des bénéficiaires"

Au sein de LogisCité

"Nous sommes bien écoutés et nous obtenons souvent satisfaction par rapport à nos demandes et à nos remarques pour améliorer nos conditions de travail et les outils sur lesquels nous nous appuyons."

"Bien entendu je ne suis pas à LogisCité pour un contrat pérenne, ça doit me servir de tremplin pour retourner sur mes projets interrompus."

Un parcours riche, tourné vers les autres

Extraits du portrait de Kamélia