Notre lutte contre la précarité énergétique

Echanges avec Virginie, ancienne médiatrice en économie d'énergie, aujourd'hui AESH

Virginie a pris son poste de médiatrice en économie d'énergie en février 2020. Un an et demi après elle exerce en tant qu'AESH dans une école primaire.

Peux-tu nous expliquer comment tu es arrivée en poste à LogisCité ?

Je me suis renseignée auprès de Pôle Emploi, je cherchais du travail et ils m’ont orienté vers ce type de contrat, des contrats en insertion. Etant donné que je n’avais pas de projet professionnel défini, c’est ce qui me semblait le plus accessible dans l’immédiat.

Le Pôle Emploi m’avait parlé de 2 structures qui étaient très proches de chez moi [d’un point de vue géographique]. Je me suis renseignée et ai contacté par mail les deux structures, et j’ai passé l’entretien en premier à Croix-Rouge Insertion.

Est-ce qu’en arrivant à LogisCité tu avais une idée de ce que tu voulais faire par la suite ?

J’avais fait une formation auxiliaire de vie, donc je pensais aller dans cette thématique, mais finalement non. Le fait d’arriver sur ce poste [à LogisCité], et de faire la formation sur les économies d’énergie, ainsi que de s’habituer à un nouveau poste, apprendre quelque chose de nouveau, ça mobilise beaucoup d’énergie. Je me suis donc d’abord concentré là-dessus.

Mon projet professionnel n’était pas clair dans ma tête à ce moment, parce que je n’arrivais pas vraiment à savoir quelle compétence je pouvais mettre en avant.

A LogisCité, on nous fait plein de propositions liées à l’emploi : des simulations d’entretien, des forum pour l’emploi, des salons, des stages [PMSMP]. Je n’ai pas forcément utilisé ces occasions là parce que je ne savais pas du tout dans quel domaine j’allais travailler. J’avais surtout besoin de m’habituer au travail et de prendre le temps de me concentrer sur l’emploi. C’est sûr que chez soi on a du temps pour chercher des offres, surtout quand on ne travaille pas. Mais ce n’est pas pareil, on est seul et il faut se motiver, ici on a un interlocuteur, on a l’ASP [Accompagnateur.rice socioprofessionnel] qui peut nous suivre et nous aiguiller.

L’intérêt de l’insertion c’est qu’on a des points au moins une fois par mois avec l’ASP, et j’ai même pu en faire plus. Ça nous permet de voir comment on évolue, dans quel sens et à quel stade on arrive, puis de pouvoir fixer la prochaine étape.

Pour moi c’était difficile de mettre les étapes en place pour arriver à un projet, mais sans ces étapes je partais dans tous les sens. Donc j’ai commencé par essayer de trouver un métier qui me plaisait et correspondait à mes capacités, j’avais listé plusieurs métiers, dont celui d’AESH.

Et puis ma responsable m’a envoyé une offre d’AESH. Je me suis dit que c’était l’occasion.

Est-ce que tu peux m’expliquer un petit peu en quoi consiste ce poste ?

J’interviens dans la classe d’une élève en situation de handicap, avec un handicap cognitif. Cette élève je la guide dans la prise de note, j’assiste à tous les cours avec elle et je l’aide à faire les tâches qu’elle doit faire.

Je suis contente du poste actuel. Je ne pensais pas que j’arriverais à tenir le rythme au début, mais en fait je m’occupe d’une élève en primaire, et la primaire m’arrange. C’est un format plus ludique, sous forme de jeu, d’éveil.

Et à côté, ça se passe super bien avec l’enseignante avec laquelle je suis. Dès le début elle m’a aidé, elle m’a encouragé. Elle m’a dit de ne pas hésiter à prendre la parole et rebondir par rapport aux autres élèves. On communique bien toutes les deux. Elle a senti que j’avais déjà eu un contact avec les enfants, et un contact avec le handicap.

J’essaie de ne pas trop me mettre la pression parce que ça ne sert à rien. Autant en profiter le plus longtemps possible.

Comment t’es-tu retrouvé à ce poste ?

J’ai été dans une information collective pour voir les grandes lignes du métier, pour voir si ça me plaisait vraiment, vérifier que rien n’était rédhibitoire. L’information collective a confirmé que ça m’intéressait.

Après il y a eu un recrutement sous un format collectif : une journée où tout le monde était convoqué, qui commençait avec une présentation du poste, suivi par des entretiens individuels où chacun avait un créneau de passage.

La première information collective où je suis allé m’a permis de connaître tout par cœur sur le poste. Il n’y avait plus de secret pour moi.

L’entretien s’est bien passé, j’avais fait un pré-entretien pour m’entrainer avec ma responsable [Encadrante Technique] donc je savais quoi dire et quoi ne pas dire.

En repensant à il y a 2 ans, est ce que tu te serais vu au poste actuel ?

Déjà je n’avais plus confiance en moi il y a 2 ans. Quand j’ai fait l’entretien ici, comme mes entretiens avant, je n’ai regardé que ce que je ne pouvais pas faire sur la fiche de poste. Et puis je n’arrivais plus à appréhender le monde du travail, j’étais perdue. Je regardais mes collègues et j’étais jalouse d’eux, de ce qu’ils arrivaient à faire. J’avais l’impression que tout le monde y arrivait et pas moi.

J’espère aujourd’hui avoir dépassé ça. LogisCité m’a aidé à me remettre dans l’emploi et à m’habituer à tout l’environnement de travail. J’ai repris confiance et je sais que je peux faire des choses. Je me mets moins toutes mes mauvaises idées dans la tête quand je suis au travail. Un an et demi à Croix-Rouge Insertion ça m’a débloqué.

Et puis, j’ai enchainé les deux emplois, je suis reparti quasiment directement sur un autre emploi : ça aide aussi. C’est mon encadrante qui me l’a conseillé : c’est plus facile de continuer dans sa lancée que de s’arrêter et reprendre. Je le garde tout le temps à l’esprit, ça m’a aidé à candidater et prendre ce poste : je me suis dit « non je ne peux pas rester chez moi, il faut que je trouve la suite ».

Le fait d’avoir enchainé, en fait je trouve que c’est plus facile. C’est bête mais se lever tous les matins à la même heure, je sais le faire maintenant. Ça me bloque plus comme avant où je me disais « mais est ce que je vais réussir à me réveiller », ou « c’est trop dur, je n’ai pas envie d’y aller ». J’ai intégré : même si c’est dur, quand je suis là-bas, au travail, c’est bon.

Pour la suite ?

Un poste de 3 ans et on verra après, je ne vais pas aller plus vite que la musique.

 

Interview réalisée le 29/10/2021

Extraits du portrait de Virginie

"C'est sûr que chez soi on a du temps pour chercher des offres [...] mais ce n'est pas pareil, on est seul et il faut se motiver."

"Quand j’ai fait l’entretien ici, comme mes entretiens avant, je n’ai regardé que ce que je ne pouvais pas faire sur la fiche de poste."

"LogisCité m’a aidé à me remettre dans l’emploi et à m’habituer à tout l’environnement de travail. J’ai repris confiance et je sais que je peux faire des choses."

"C’est mon encadrante qui me l’a conseillé : c’est plus facile de continuer dans sa lancée que de s’arrêter et reprendre. [...] ça m’a aidé à candidater et prendre ce poste : je me suis dit « non je ne peux pas rester chez moi, il faut que je trouve la suite »."

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